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Les entreprises vont-elles résister aux défaillances ?

 

Les défaillances d’entreprise représentent les sociétés concernées par les 3 procédures suivantes : redressement judiciaire, liquidation judiciaire ou procédure de sauvegarde.

Après deux ans de recul, le dessein pour 2018 était de faire tomber le mur des 50.000 procédures. Un objectif envisageable avec un premier trimestre au plus bas depuis 10 ans (-9%)1. Néanmoins, l’amélioration freine au deuxième trimestre pour complétement chuter au dernier trimestre avec 4.2%1 de faillite en plus qu’en 2017.

Le secteur le plus touché est celui du bâtiment avec une hausse de 2.2%1 des défaillances au dernier trimestre. Cela s’explique par une chute de l’activité due spécialement à la diminution des permis de construire octroyés en 2018, et qui suscite de fortes inquiétudes pour 2019.

Quelles sont les tendances pour 2019 ?

Les économistes prévoient une hausse des défaillances comprise entre 0.8% à 2%2. Ce qui porterait les défaillances d’entreprise approximativement au nombre de 56.000.

Néanmoins, les entreprises résistent finalement sur le premier semestre avec une baisse des défaillances de 1.1% par rapport à 2018. Mais, les signaux d’alerte se multiplient3 : resserrement des crédits accordés, envolée du nombre de dossiers déposés au Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle) … Tout cela laisse envisager de fortes difficultés pour la seconde partie de l’année.

La décélération de l’activité économique fin 2018 exacerbe la vulnérabilité des entreprises. Les trésoreries subissent de fortes tensions et continuent de se dégrader depuis le début de l’année (31% des trésoriers jugent que la trésorerie est moins bonne que prévue selon l’étude Rexecode) à la suite de l’atténuation de la consommation et de l’investissement des ménages, à la contraction des marges et à la détérioration des délais de paiement. Les risques d’impayés s’accentuent.

Les conséquences sont les suivantes

  • Les PME et les ETI se retrouvent en situation critique. Elles sont prises en étau face aux impayés clients et aux conditions de paiement plus strictes de leurs fournisseurs, ce qui fragilise les trésoreries.
    Selon l’étude GoCardless, 42% des dirigeants de PME piochent dans leurs économies afin de compenser les retards.
  • La hausse de la confidentialité des bilans devrait se poursuivre. Les entreprises en difficultés éviteront de divulguer leurs comptes afin de ne pas mettre en lumière leurs performances financières en retrait.
  • Le niveau de dettes des entreprises n’est pas près de diminuer (il représentait 73.3%1 du PIB en 2018). Les entreprises risquent d’être plus vulnérables en cas de hausse des taux d’intérêts.

« Face à cette nouvelle instabilité qui se dessine, les entreprises doivent porter une forte attention à la santé financière de l’ensemble de leurs partenaires commerciaux afin d’adapter leur politique de crédit »

Adeline Lobey-Monteiro, Directrice Générale d’URIOS – BEIC

[1] Altares
[2] Banque de France
[3] Les Echos Capital Finance article datant du 15 avril 2019 « Restructurations : faut-il craindre un effet domino ? »